L’EXCÈS DE PROCESSUS ACCROÎT L'ANXIÉTÉ. Cultiver la conscience permet de la gérer.

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Retour aux articles 11/02/2016

L’EXCÈS DE PROCESSUS ACCROÎT L'ANXIÉTÉ. Cultiver la conscience permet de la gérer.

Pourquoi usons-nous et abusons-nous des processus?
Un processus est un mode de management permettant de piloter les performances et l'efficacité.
C'est un ensemble d’évaluations, de procédures, transformant des éléments d'entrée en éléments de sortie. Sa valeur est essentielle au pilotage des organisations.

Les avantages du processus sont :la diminution des coûts, l’image de marque, la réduction des temps de changement, l’homogénéité de la qualité. Ses limites sont: la non prise en compte des éléments contradictoires et conflictuels qui forment la totalité et l’impact émotionnel.

Cette analyse séquentielle a pour effet la fractalisation de ce que l’on soumet au processus. Cet enchaînement de procédures entraîne à long terme une perte de sens professionnel qui voile les perspectives d’avenir. Un des principaux rôles des processus est de rassurer face à l’incapacité de  prévoir ou de prédire l'avenir à court ou moyen terme.
Un des grands philosophes du XXe siècle, Martin Heidegger, nous a mis en garde sur une société de plus en plus «technicisée». Selon lui l’excès de rationalisation par la technique engendre une perte de sens. Cette rationalisation technique implique que le mode de décision ne dépend plus de la personne mais de la technique. Il a prédit une société fonctionnant comme une roue de vélo tenant debout uniquement par le fait qu'elle continue de rouler, sans même savoir où elle va.
Le philosophe considère que la technique, aujourd’hui représentée par les processus, conduit à une perte de sens existentielle exprimée par une anxiété sociale généralisée.

 

L’effet de l’excès de procédure sur l’anxiété.
Cette logique est utilisée dans tous les domaines. Par exemple la valeur ou la cotation d’un acte de soin dans un hôpital est basée sur le respect d’une stricte procédure technique. Mais à combien est évalué le sourire d’un malade? La main que pose l’infirmier sur l’avant-bras du malade au moment où il passe un IRM? Ce qui compte est ce qui est technique, la conformité. Cela induit chez l’individu des stratégies qui visent à répondre à ce qui est exigé sans s’interroger sur la finalité. Ceci diminue la motivation et la capacité d’innovation, essentielles à la gouvernance d’une organisation.Les entrepreneurs audacieux le savent bien : «Il n’y a pas de création sans transgression des normes».

Les professionnels soumis à ce dictât développent un conflit de loyauté entre l’éthique de leur métier et les normes exigées. L’une des conséquences de cette logique est l’anxiété et ses symptômes associés.

L’anxiété induit une intolérance excessive face à l'incertitude.Un des effets initial est un détournement immédiat  de l'attention. Autrement dit, la difficulté de se concentrer sur des tâches quotidiennes.Elle entraîne également des interprétations erronées. Quand le cerveau ne peut trouver de solution, il tourne en rond avec un sentiment d’impuissance. Le résultat en est une fatigue psychique et une perte de contrôle.

 

Gérer l’anxiété c’est cultiver la conscience

De récentes recherches cliniques ont permis l’émergence d’une nouvelle aide thérapeutique appelée la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT). Elle permet d’identifier les pensées négatives irrationnelles et de les combattre pour qu'elles n'alimentent plus l’anxiété.

Le travail repose sur le développement de l’aptitude à prendre conscience de l’enclenchement du phénomène anxiogène. Puis de la gestion et du contrôle de la réponse automatique.

L’objectif est d’activer chez la personne des compétences de présence attentive à son fonctionnement, à ses émotions et à son environnement. Ce travail repose sur l’apprentissage de la pleine conscience et l’entrainement à un dialogue intérieur.

La finalité est de mettre en évidence ce qui compte pour la personne, son besoin, et définir comment elle pourrait agir dans ce sens. L’effet est la réduction de l’anxiété et l’amélioration de la gestion personnelle et interpersonnelle.